Anarchisme, féminisme et véganisme : quand les luttes convergent

Public averti ou universitaire

L’anarchisme est un mouvement philosophique et social rejetant toute forme de domination ou d’exploitation, c’est-à-dire tout système d’archie. Contrairement au marxisme, l’anarchisme ne hiérarchise pas les luttes sociales : la hiérarchie, la monarchie ou encore l’oligarchie doivent être combattues de pair. Logiquement, l’anarchisme inclut deux autres formes d’oppression, que sont la patriarchie (ou patriarcat), c’est-à-dire la domination institutionnalisée des hommes sur les femmes, et l’anthroparchie, l’exploitation par les humains des membres des autres espèces – à savoir, les animaux non-humains. Pourtant, la reconnaissance de ces formes d’exploitation n’est pas toujours automatique dans le mouvement anarchiste. En témoigne l’essor relativement récent de deux courants particuliers, l’anarcha-féminisme et le véganarchisme, dont les positions sont loin de faire consensus au sein du mouvement. Dans cette conférence, Ophélie Véron s’interrogera sur les liens qui unissent ces mouvements, mais également sur leurs divergences et oppositions, ainsi que sur les paradoxes et dilemmes auxquels ils sont confrontés. Peut-on être anarchiste sans combattre les rapports de domination patriarcaux et paternalistes, parfois présents au sein même des milieux militants, et tout en mangeant viande et produits d’origine animale ? Inversement, peut-on être féministe ou antispéciste sans s’opposer au système étatiste et capitaliste, qui s’appuie tout autant sur l’exploitation animale que sur la domination masculine ?